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Maria Walther ne parle pas volontiers de ses œuvres : elle préfère que le visiteur laisse libre cours à son imagination et communique directement avec sa peinture. Cependant, à l’occasion de son exposition rétrospective dans l’Abbaye de Caunes-Minervois, elle a bien voulu nous livrer quelques uns de ses secrets…
Elle commence la peinture vers 20 ans et fait des études d’arts plastiques et d’arts graphiques aux Pays Bas. Elle commence à travailler la gravure, les eaux fortes et différentes techniques, généralement mixtes. Ses œuvres sont alors souvent monochromes et il y a des êtres humains dans ses images, déjà oniriques… Puis elle arrive en France. Elle aime la lumière, la nature méditerranéenne, les paysages de la Montagne Noire où elle s’établit. Ses travaux, en accord avec ceux-ci, deviennent plus volontiers polychromes. Ce sont des paysages imaginaires, où les montagnes occupent une place de choix, qui dénotent des préoccupations liées à la Nature, aux arbres, à l’eau… L’Homme n’apparaît plus que rarement et les animaux apparaissent de plus en plus souvent, soit isolés, soit grouillants, toujours dans une environnement onirique, semi abstrait. Maria observe avec inquiétude, voire « pessimisme », dit-elle, que les animaux arrivent à se fondre dans la nature, par des processus variés, comme le mimétisme, mais que les êtres humains, eux, y arrivent de moins en moins. En cela, toute son oeuvre est un vaste questionnement sur l’avenir des êtres humains. Quand on lui demande quel instrument pourrait accompagner ses huiles sur bois, elle répond : « peut-être une flûte », puis elle se ravise et dit : « non, le silence »…
La nature en héritage, avec des connotations mythologiques… Une réflexion sur le monde et son devenir. Maria Walther : un monde intérieur très riche, un imaginaire vraiment personnel, qui s’exprime avec talent, un art « intérieur » !
Marie-Elise Gardel |